Léopoldine

Délicieusement absurde, délicatement déjanté, poétiquement kitsch, on peine à trouver les mots justes pour qualifier le spectacle de Léopoldine HH !

La chanteuse et ses deux acolytes glissent subtilement des costumes à paillettes aux justaucorps bien moulants, du synthé au ukulélé, d'Antonin Artaud à France Gall, de l'électro à la comptine alsacienne, tant et si bien qu'à la fin, plus personne ne s'étonne de voir passer un bretzel gonflable géant parmi des spectateurs en train de chanter "Zozo Lala"… Tout. Est. Normal.

Et bien malin qui peut dire si les rappels enthousiastes sont totalement improvisés ou parfaitement préparés ! C'est là toute l'intelligence et la force de ces artistes atypiques, qui flirtent avec l'(auto)dérision sans jamais tomber dans la caricature, et embarquent imperceptiblement le public médusé dans leur monde tragi-comique…

Avec la fillette accroupie, tour à tour rêveuse, frondeuse ou déhanchée dans un hula-hoop endiablé, et les garçons qui se cassent la figure pour avoir tenté le solo de guitare debout sur les sièges du théâtre "comme les grands", on retrouve son âme d'enfant, sans nul doute parce qu'ils ont su préserver la leur.

Alors quand Léopoldine confie en sortie de scène "Le théâtre est magnifique, le son était incroyable, il s'est passé quelque chose de particulier", on se dit qu'on n'a pas rêvé. Merci à eux trois pour cette soirée aussi surréaliste qu'indispensable.