Tu n'as pas mal

Comme chaque mois depuis 30 ans, tandis que la tâche endolorie s'étale sournoisement sur le papier buvard de son utérus, vingt-deux mots colonisent la pelote visqueuse nichée dans son crâne :

"Tu n'as pas mal. Tu crois que tu as mal parce que ta mère t'as dit que ça faisait mal".

Comme chaque mois depuis 30 ans elle pense à ce père qui savait mieux qu'elle ce qui se trame dans son ventre, puis elle laisse couler l'amertume analgésique au fond de sa gorge.

#MercrediFiction